Mon(Theatre).qc.ca, votre site de théâtre
La société des poètes disparus
Du 20 mars au 17 avril 2018
Dates publiques : du 21 mars au 13 avril 2018, du jeudi au samedi
(représentations de 20h, samedi 16h)

En 1959, dans la prestigieuse Welton Academy, Monsieur Keating, un professeur de littérature, surprend les étudiants avec une pédagogie anticonformiste. Invités par l’homme de lettres à trouver leur propre voix, les adolescents recréeront alors la « Société des poètes disparus », une sorte de club clandestin pour esprits libres dont Keating a autrefois été l’un des membres influents. La découverte d’une dimension hors norme du monde, guidée par la prise de parole et la poésie, en plein cœur d’une Amérique conservatrice, transformera à jamais les vies du réservé Todd Anderson, de l’exemplaire Neil Perry, et de leurs amis Knox, Charlie, Steven et Richard.

Le metteur en scène et auteur Sébastien David (Les morb(y)des, Les Haut-parleurs et Dimanche napalm, gagnant du Prix du Gouverneur général en 2017) s’attaque ici à une œuvre qui le hante depuis l’adolescence, celle du dramaturge Tom Schulman et du réalisateur Peter Weir. La Québécoise Maryse Warda signe la traduction de la pièce récemment tirée du scénario original et dont les dialogues nous habitent depuis 30 ans.


De Tom Schulman
Traduction Maryse Warda
Mise en scène Sébastien David
Avec Mustapha Aramis, Jean-François Casabonne, Patrice Dubois, Gérald Gagnon, Maxime Genois, Simon Landry-Désy, Étienne Lou, Anglesh Major, Alice Moreault et Émile Schneider


Crédits supplémentaires et autres informations

Assistance et régie Karyne Doucet-Larouche
Scénographie Jean Bard
Costumes Linda Brunelle assistée de Marie-Audrey Jacques
Accessoires Julie Measroch
Lumières David-Alexandre Chabot
Conception sonore Antoine Bédard
Maquillages Amélie Bruneau-Longpré
Mouvement Caroline Laurin-Beaucage

*La Société des poètes disparus basé sur le film de Touchstone Pictures écrit par Tom Schulman / initialement produit par Classic Stage Company / Arrangements spéciaux de Adam Zotovich / Directeur artistique: John Doyle / Directeur général : Jeff Griffin

Durée à venir

Rencontre avec les artistes après la représentation - 30 mars

 

Régulier

*60 ans et +

*30 ans et -

**MHM

44,00 $

32,00 $

​30,00 $

29,00 $

​36,00 $

32,00 $

30,00 $

26,00 $

* Pièce d'identité requise
** Pour les résidents de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Preuve de résidence requise.

Forfait Premier Regard

2 billets pour 1 même spectacle 36,00$
Disponible du mercredi au samedi de la première semaine de représentations.

Billets ni transférables ni remboursables. Le Scriptarium 2019 exclu.

Une production Théâtre Denise-Pelletier


______________________________________
Critique disponible
            
Critique

«Ô capitaine, mon capitaine!» La citation tirée d’un poème de Walt Whitman en hommage à Abraham Lincoln est aussi l’une des répliques les plus connues du film de Peter Weir, La société des poètes disparus. Elle résonne ces jours-ci sur la scène du Théâtre Denise-Pelletier.






Crédit photos : Gunther Gamper

Sorti en salle en 1989, La société des poètes disparus est depuis devenu un classique du cinéma pour adolescents. Si tous les spectateurs présents dans la salle au soir de la première n’avaient pas vu le film, il est à parier que la majorité en connaissait du moins le titre tant le film appartient à la culture populaire. Un avantage pour piquer l’intérêt du public, mais qui peut aussi se retourner contre la production si elle ne s’avère pas à la hauteur de l’oeuvre originale. C’est une chose de partir d’un texte de théâtre ou d’un roman, c’en est une autre de porter à la scène une histoire dont les scènes et personnages sont déjà gravés dans les mémoires de tous. La production s’en tire toutefois avec les honneurs et ne souffre aucunement de la comparaison.

À la riche académie Welton, la vie suit son cours sans soubresaut, le corps enseignant y prépare l’avenir de futurs médecins, avocats, hommes d’affaires... L’arrivée d’un nouveau professeur de littérature, l’étrange et anticonformiste John Keating, changera irrémédiablement la vie de quelques élèves.

Décrié par les uns pour une certaine position anti-intellectualiste et sa représentation des femmes, et encensé par les autres pour son appel à l’affirmation de soi, pour ses envolées romantiques et pour son discours sur les dangers du conformisme, La société des poètes disparus ne laisse certainement pas indifférent. La performance du grand acteur Robin Williams dans la peau du professeur excentrique n’est évidemment pas pour rien dans le souvenir que ce film a laissé sur plusieurs.

C’est une chose de partir d’un texte de théâtre ou d’un roman, c’en est une autre de porter à la scène une histoire dont les scènes et personnages sont déjà gravés dans les mémoires de tous. La production s’en tire toutefois avec les honneurs et ne souffre aucunement de la comparaison.

Et pourtant, Patrice Dubois, qui reprend le rôle du mentor et amoureux de poésie, parvient à trouver sa propre interprétation du personnage sans qu’on sente l’ombre de Williams planer. Il insuffle une passion contagieuse et beaucoup d’amour dans la relation de M. Keating avec les élèves de sa classe, dans son enseignement et dans ses lectures de poèmes. À ses côtés, les jeunes acteurs qui incarnent les initiés de la Société des poètes disparus, et accessoirement élèves de Welton, forment un groupe soudé et parfaitement crédible d’adolescents en pleine quête identitaire personnelle, tantôt en rébellion contre l’autorité, tantôt taraudés par le doute sur leurs rêves et ambitions. Émile Schneider en particulier fait vibrer la corde sensible dans le rôle de Neil Perry, garçon brillant terrifié par un père autoritaire et rigide, mais emporté par son désir de devenir acteur. Il dégage une magnifique énergie dans chacune de ses scènes. Une belle chimie se construit au fil de l’histoire entre Neil et son camarade maladivement timide Todd Anderson (convaincant Simon Landry-Désy). Les autres membres du groupe s’en sortent assez bien également quoique leur jeu soit parfois inégal. Face à eux, Jean-François Casabonne offre le visage implacable de la discipline en la personne du directeur Nolan et fait bien rire malgré lui.

La mise en scène sensible de Sébastien David demeure fidèle au film, plaçant les personnages dans le même contexte et reprenant les enjeux principaux du film. On retrouve donc la vie dans un pensionnat américain des années 1950 à l’encadrement strict et à l’esprit très traditionaliste, son directeur obtus et ses élèves pleins d’hormones. David utilise intelligemment son espace, fait sortir les personnages du cadre de scène, les place en déséquilibre dans un large escalier, donne à voir comment la poésie ouvre leurs horizons sur un ciel immense et lumineux (très belle scénographie de Jean Bard). Des idées qui permettent au spectacle de s’éloigner un peu de l’adaptation scénique pour gagner en profondeur. L’adaptation se révèle néanmoins très sage, trop peut-être : à plusieurs moments, le spectacle donne l’impression d’une simple transposition de l’écran à la scène. Excellente transposition, certes, idéale pour faire découvrir ce film touchant à ceux qui ne le connaissent pas et replonger les nostalgiques dans leurs souvenirs, mais qui peut se révéler décevante si on s’attend à une relecture originale. La traduction québécoise du scénario de Tom Schulman, signée Maryse Warda, lui donne heureusement une couleur plus locale.

La production s’articule autour des enseignements de Keating : saisir le moment présent, choisir le chemin le moins emprunté, rester fidèle à soi-même, faire triompher son individualité, et bien d’autres. Elle doit, bien sûr, composer avec beaucoup moins de personnages que le film, mais s’en sort bien, réattribuant les répliques et les scènes pour pallier l’absence de certains, laissant l’imagination faire le reste. L’ensemble tient le coup et les fans retrouveront les scènes les plus marquantes, des séances poétiques à la grotte au salut final des élèves envers Keating, en passant par le coup d’éclat de Nuwanda et l’ultime prestation de Neil.

Le spectacle fait la part belle à la poésie, aux mots et à la façon dont ils peuvent devenir pulsions, revendications, ode à l’amour ou à l’éducation, et donner voix à la raison ou à l’émotion... Elle parle de jeunesse, de beauté, mais aussi de tragédies et de pertes. Les leçons du professeur Keating n’ont pas vieilli d’une ride, et la production du Théâtre Denise-Pelletier leur offre l’occasion de résonner auprès d’un nouveau public.

23-03-2019
 

Théâtre Denise-Pelletier
4353, rue Sainte-Catherine Est
Billetterie : 514-253-8974

Facebook Twitter