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Les barbelés
Du 4 au 26 septembre 2018, les mardis et vendredi 19h, mercredis, jeudis, 20h, samedis 16h
Supplémentaires 27, 28 et 29 septembre

Dire les derniers mots de l’ultime heure de sa vie, tant qu’il est encore temps. Les mots trop longtemps censurés. Les mots qui débordent. Les mots qui exultent. Quand un être humain réalise que des fils barbelés lui poussent dans le corps, que sa gorge et sa bouche en seront bientôt envahies, l’empêchant peu à peu de respirer, c’est alors que surgit l’urgence de la parole.

Ce souffle dense interroge les conventions, ausculte les blessures, décortique les identités. Habité de nos souffrances, de nos désirs, il susurre, réclame et hurle notre plus profonde envie : la liberté. La liberté de dire. Celle de se taire, aussi.

Invitée par Wajdi Mouawad à créer une pièce à La Colline à Paris, Annick Lefebvre, auteure entre autres de J’accuse, a été chaudement accueillie par le public français. Après cette « performance coup-de-poing » (sceneweb.fr) livrée par Marie-Ève Milot, Les barbelés débarquent au Quat’Sous. Comme l’a écrit l’hebdomadaire français Marianne, « dire que c’est impressionnant de force et d’émotion serait en deçà de la réalité » !


Texte Annick Lefebvre
Mise en scène Alexia Bürger
Avec Marie-Ève Milot


Crédits supplémentaires et autres informations

Dramaturgie Sara Dion
Assistance à la mise en scène et régie Stéphanie Capistran-Lalonde
Décor et costume Geneviève Lizotte
Lumière Martin Labrecque
Musique Nancy Tobin
Conseillère aux mouvements Anne Thériault

TARIFS

Avant la première 26$
En prévente jusqu’au soir de la première représentation de chacun des spectacles. Prix au guichet. 3$ supplémentaire par téléphone ou sur le web.

À compter de la première 36$
Prix au guichet. 3$ supplémentaire par téléphone ou sur le web.
2 pour 1 : 36$
Les samedis à 16h, selon les disponibilités. Pour en bénéficier, présentez-vous au guichet à partir de 15h.

Plusieurs tarifs spéciaux et pour les groupes disponibles

Les tarifs peuvent varier pour les spectacles en accueil, les supplémentaires, les événements spéciaux et les productions en extra à la saison

TARIFS SPÉCIAUX

Abonnement complice : 3 spectacles ou + : 26$/spectacle
Perdre le nord - 18$ (Prix au guichet. 3$ supplémentaire par téléphone ou sur le web.) // 3 lectures 45$
Notre bibliothèque - À vos livres10$ (Prix au guichet. 3$ supplémentaire par téléphone ou sur le web.)

 

ACTIVITÉS PARALLÈLES

Les discussions

Curieux, passionnés ou timides, vous êtes attendus juste après la représentation pour converser avec Olivier Kemeid et les artistes de la pièce à laquelle vous venez d’assister. Découvrez les anecdotes, mystères et réflexions qui ont jalonné le parcours créatif du spectacle.

Mardi 11 septembre 2018, après la représentation

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L'heure du conte

Pour une dixième année, le Quat’Sous s’engage à favoriser la vie culturelle des familles ! Pendant que vous assistez à la représentation dans la salle le samedi après-midi, vos enfants, petits-enfants, nièces ou neveux de 5 à 9 ans assistent à un spectacle de contes. Celui-ci est suivi d’une pause-collation et se termine par une activité de bricolage.

Samedi 15 septembre 2018, 16h

Activité gratuite pour les enfants des spectateurs
Réservation requise

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Les penseurs nocturnes

Participez à une discussion chaleureuse animée par notre directeur artistique dans laquelle fusent les bonnes idées, les avis précieux, les angles inédits. C’est l’occasion d’approfondir les thèmes abordés dans le spectacle grâce à des invités spéciaux qui aiguisent notre regard sur le monde.

Mardi 18 septembre 2018, après la représentation

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Les 5 à 7 du vendredi

Dans l’ambiance d’un 5 à 7 bien décontracté, célébrez la fin de la semaine et échangez avec artistes, amis et collègues à la bonne franquette. Et si l’esprit est vif et aiguisé, mais que le ventre est vide, l’équipe du Quat’Sous vous propose quelques petites gourmandises à grignoter.

Tous les vendredis, les soirs de représentations

Une coproduction du Théâtre de Quat’Sous et de La Colline-théâtre national, Paris


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Critique disponible
            
Critique

Crier bouche cousue

Un individu dispose d’une heure avant que des barbelés poussent dans sa gorge et s’entortillent dans sa bouche jusqu’à lui coudre les lèvres et lui coincent les cordes vocales. Voilà le point de départ de la nouvelle pièce d’Annick Lefebvre, un monologue livré de façon magistrale par l’actrice Marie-Ève Milot.


Crédit photo : Simon Gosselin

Assise sur une chaise posée au milieu de la cuisine d’un appartement, une femme épluche compulsivement et frénétiquement des pamplemousses roses dont les pelures s’amoncellent sur le sol. De la laine minérale dépasse de sous le plancher et les côtés des murs semblent déchirés. Habillée d’une robe noire ample, la femme crache ses dernières paroles, alors que souvenirs, réflexions et adresses au public se mélangent. À l’image des pensées du personnage qui se bousculent et de la logorrhée qui l’envahit, l’espace se remplit de sang, de salive, de nourriture et d’objets.

La comédienne rend les mots de Lefebvre avec limpidité et intelligence, aidée par un travail du mouvement minutieux et fort efficace d’Anne Thériault.

Marie-Ève Milot n’en est pas à son premier contact avec la langue d’Annick Lefebvre, ayant porté trois textes de l’autrice, Ce samedi il pleuvait (2013), Ce qui dépasse (2013) et La Machine à révolte (2015). Toutefois, à la différence des projets précédents où l’actrice arrivait à la fin du processus de création, Les barbelés a été écrit expressément pour elle, les deux femmes partageant une même ferveur militante féministe et une même lucidité critique sur la société actuelle. La comédienne rend les mots de Lefebvre avec limpidité et intelligence, aidée par un travail du mouvement minutieux et fort efficace d’Anne Thériault. L’évolution des barbelés dans la gorge du personnage se fait sentir dans le texte par des phrases de plus en plus courtes, dans le jeu par une élocution lentement altérée, et par le geste, des postures plus inconfortables et des spasmes plus fréquents. S’ajoute aussi le fait que la femme manipule constamment des objets, symptôme de sa colère intériorisée, de son urgence de dire et de son angoisse de sentir sa mort venir.

Outre l’imminence de la mort au centre du spectacle, l’aspect le plus tragique de la pièce réside dans la culpabilité sous-entendue du personnage, responsable en quelque sorte de la dégradation de son état. On doit comprendre que si tout le monde porte un germe de barbelé au plus profond de son ventre, celui-ci évolue à chaque fois qu’un geste d’autocensure se présente. Le mutisme auquel est confrontée la femme est donc la conséquence directe d’avoir trop souvent évité de prendre position ou de dénoncer l’injustice alors qu’elle en avait la possibilité. Le public assiste donc impuissant à la mort d’une femme qui s’est rendu compte trop tard de la puissance de la parole et du privilège de la liberté d’expression.

Si on reconnaît bien le style d’écriture direct et acerbe d’Annick Lefebvre, qui confronte encore une fois le public à ses propres contradictions, le ton se fait plus grave dans Les barbelés que dans les pièces précédentes de l’autrice et l’humour plus discret. Enfin, la pièce ébranle fortement le spectateur, jusqu’au choc de la scène finale dont la dernière image frôle l’insoutenable.

06-09-2018


 
Quat'Sous
100, ave. des Pins Est
Billetterie : 514-845-7277

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