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Magie lente
De 18 mois à 5 ans
Théâtre interdisciplinaire
Dates grand public : 21 octobre 2018, 9h15 et 10h45
Scolaire : Du 19 au 20 octobre 2018

Inspiré d’une légende algonquine, Magie lente raconte comment les enfants ont séparé le Ciel et la Terre pour permettre l’éclosion et l’évolution du monde. Sur scène, une artiste sonore fait résonner les secrets de mécaniques ludiques alors que deux bons vivants explorent et construisent l’Univers. N’ayant peur ni de se salir ni de se mouiller, les personnages partagent leur attachement à leur planète, à ses mystères et à ses transformations sans fin.

Terreau, matières, musique… parce qu’au début, il n’y avait rien
Dans cette proposition, tous les sens sont convoqués pour célébrer les cycles de la vie. La narration laisse volontairement l’esprit s’envoler et invite les tout-petits à explorer l’origine du monde. Avec délicatesse, humour et… à l’aide d’argile, une matière primitive et primordiale, le spectacle évoque les mythes fondateurs de diverses cultures. Ainsi, à travers une grande diversité de formes artistiques et au moyen de rituels, de sonorités et de jeux, on découvre cette matière qui lentement construira leur univers.


Conception et interprétation : Nathalie Derome, Steeve Dumais et Anne-Françoise Jacques


Crédits supplémentaires et autres informations

 

Durée : environ 35 minutes

Saison 2018-2019 Avant le 30 juin 2018 Après le 30 juin 2018
À la carte 20,25$    
Abonnement 3 billets ou +   13,25$ 16$
25 laissez-passer 16$/billet*    
50 laissez-passer 14$/billet*    
100 laissez-passer 13$/billet*    

*Chaque laissez-passer est échangeable contre un billet, enfant ou adulte. Vous pouvez les revendre en offrant un rabais supplémentaire ou les offrir en cadeau!
Notez que tous les prix de laissez-passez incluent les taxes.

Les taxes et les frais de services sont inclus dans les prix affichés.

Une production Des mots d'la dynamite


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Critique disponible
            
Critique

critique publiée en 2016 - autre critique disponible, publiée lors du Festival Petits Bonheurs 2018

Magie lente termine une saison très prolifique et variée à la Maison Théâtre, où se sont démarquées de singulières œuvres comme Toi du mondeLe cœur en hiver et la reprise des Contes d’enfants réels. La réalisation de la compagnie Des mots d’la dynamique réussit à distiller un certain charme malgré son impression d’inachèvement.   


Crédit photo : Jules de Niverville

Avant de se diriger vers l’aire de leur prestation, le trio d’acteurs (également musiciens) vient briser la glace par un premier contact avec son public. Armé de bâtonnets, il frappe sur de petits objets. Les quelques notes entendues enveloppent alors l’espace et donnent le ton à l’aventure. Pendant un peu plus d’une demi-heure, une atmosphère de proximité comme un cocon teinte la pièce de petites formes.

L’histoire, tant par les mots que par ses autres dimensions sensorielles, aborde l’origine et l’évolution du monde. Sur le plateau, trois grandes personnes nous parlent sur le ton de la confidence. Avec une charmante complicité, ils jouent d’abord avec des bols de différentes grandeurs répartis sur le sol. Ils font de la musique avec ces «instruments» inusités, avant de les porter à leurs bouches pour boire une gorgée. Le lieu de l’action est composé de deux zones distinctes : un espace recouvert d’une toile qui ressemble à un carré de sable et une petite régie. Ces drôles de créatures cherchent à concevoir une nouvelle cosmogonie qui sera en parfaite communion avec les éléments de la nature, dont la Terre et l’Eau. Pour tisser les liens de ce récit exploratoire, deux des interprètes manipulent de l’argile (Nathalie Derome et Steve Dumais), tandis que la troisième (Anne-Françoise Jacques) se déplace vers la petite console de son, où elle agrémente d’accents énigmatiques cette poésie expérimentale.

Troisième production conçue pour les gamins par la compagnie dirigée par Nathalie Derome, Magie lente s’inscrit dans la continuité des deux exécutions antérieures, Le Spectacle de l’arbre et Là où j’habite. Par sa forme, elle témoigne du même souci artisanal et cherche avec une volonté similaire à interpeller son auditoire autour des mystères de l’existence humaine. Le traitement scénique est empreint de délicatesse, de minutie et d’humour, en plus de se démarquer par son refus de la facilité. L’écriture dramaturgique exige, en effet, un temps d’apprivoisement parfois ardu pour des esprits un peu plus dégourdis. Car les composantes de la création ressemblent parfois à un casse-tête aux morceaux disparates. Des tout-petits et des bébés ont même été légèrement plus agités qu’à d’autres représentations récentes à la Maison Théâtre.

Le spectacle manque encore d’harmonie (ou de magie) pour susciter un enchantement total. Dans la même lignée, une proposition ingénieuse comme Chübichaï, de la troupe française Le Vent des Forges (où l’argile constituait, également, un matériau du récit), avait marié parfaitement toutes ses dimensions minimalistes. Par ailleurs, des thèmes comme le commencement de notre civilisation, la découverte de l’environnement immédiat et les premières expériences sensitives reviennent souvent dans le répertoire pour les jeunes enfants. L’étonnement demeure moins grand aussi, en comparaison avec certains bijoux du récent Festival Petits Bonheurs (notamment l’inoubliable piécette italienne Che sì che no qui construisait devant nos yeux tout un monde).

Pourtant, de fort beaux moments gardent notre intérêt dans le déroulement de cette Magie lente. Avec la passion de troubadours, Derome, Dumais et Jacques prennent un plaisir manifeste à nous raconter et nous façonner toutes les péripéties de ce conte initiatique. Lorsque Derome et Dumais revêtissent des combinaisons blanches, l’argile leur permet de concevoir alors des passages plus cocasses. Entre autres lors de la simulation de mouvements de natation, les deux camarades nous font presque croire qu’ils nagent dans une piscine. Plus tard, les artistes soulèvent la toile sur laquelle ils ont glissé leurs doigts à la manière de peintres chevronnés. Tenue par eux, la toile se retrouve ensuite en position verticale, exposée à la manière d’un tableau. Nous voyons de beaux contrastes d’ombres et de lumières. De telles traces d’inventivité, simples, mais très évocatrices, confèrent à l’ensemble multidisciplinaire des parcelles d’émotions plus frémissantes. La scénographie est également accentuée par les magnifiques éclairages de Lucie Bazzo, en concordance avec le propos.  

Malgré ces faiblesses, la Magie lente concoctée par Nathalie Derome et ses acolytes se fraie toutefois un chemin vers notre cœur, dans ses fragments les plus imaginatifs.

28-05-2016


 
Les Gros Becs
1143, rue Saint-Jean
Billetterie : 418-522-7880 poste 1

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