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Du 5 au 16 octobre 2010, mardi 19h, mercredi au samedi 19h30, samedi 16h
Supplémentaire 17 octobre 15h
26 octobre 19h30, Théâtre Outremont
Après la finAprès la fin
salle 2
Texte de Dennis Kelly
Traduction Fanny Britt
Mise en scène de Maxime Denommée
Avec Sophie Cadieux et Maxime Denommée

Louise se réveille enfermée dans un bunker auprès de Mark, un collègue de travail. Ils étaient dans un pub lorsqu’une attaque nucléaire est survenue. On s’était bien moqué de lui lorsqu’il avait acheté cet appartement équipé d’un vieil abri antiatomique qu’il ravitaillait et gardait prêt à toute éventualité. Aujourd’hui, c’est bien grâce à lui si Louise a la vie sauve. Mais, rapidement, les provisions s’amenuisent, Louise refuse de jouer à Donjons & Dragons et l’impatience gagne Mark. Armés d’espoirs qui commencent à s’étioler, ils doivent attendre le bon moment pour sortir. Pourront-ils tenir jusque-là ?

À travers la déroutante rencontre entre Mark et Louise, la pièce explore les rapports à la dominance et à la soumission. Elle traite de la maladresse dans l’expression de nos sentiments, de la peine à accepter que certaines choses soient hors de notre portée, des gestes de cruauté et de terreur que l’intolérance nous amène parfois à poser, de la difficulté à se résigner. À la fois inquiétant, incisif et humoristique, ce huis-clos nous plonge en plein coeur d’une guerre de pouvoir où tous les coups sont permis.

Créée au Bush Theatre de Londres en 2005, AFTER THE END est la troisième pièce écrite par Dennis Kelly. Remarqué en 2003 avec sa première pièce, DEBRIS, le travail de cet auteur anglais est depuis produit dans plusieurs pays et traduit dans plusieurs langues.

Bien connu en tant qu’acteur, Maxime Denommée s’est révélé être un directeur d’acteurs inspiré avec sa première mise en scène, TÊTE PREMIÈRE de Mark O’Rowe en 2005. APRÈS LA FIN, sa deuxième mise en scène, a connu un succès public et critique lors de sa création à l’automne 2008. Pour ce retour, il y tiendra le rôle de Mark.

Assistance à la mise en scène Marie-Hélène Dufort
Décor Olivier Landreville
Costumes Linda Brunelle
Musique originale Larsen Lupin
éclairages André Rioux
Accessoires Patricia Ruel
Maquillages Suzanne Trépanier
Crédit photo: Rolline Laporte

En tournée à compter du 23 septembre
23 sept. Pointe-aux-Trembles Maison de la culture Pointe-aux-Trembles 514 872-2240
24 sept. Laval Salle André-Mathieu 450 667-2040
5 au 16 oct. Montréal Espace Go 514 845-4890
20 oct. DrummondvilleÉglise Saint-Jean-Baptiste 819 477-5412
21 oct. Montréal-Nord Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord 514 328-5640
23 oct. Joliette Salle Rolland-Brunelle 450 759-6202
26 oct. Outremont Théâtre Outremont 514 495-9944
29 oct. Moncton NB Théâtre de l’Escaouette 506 855-0001
2 nov. Sherbrooke Salle Maurice-O’Bready 819 820-1000
3 nov. Montréal Salle Sylvain-Lelièvre / Collège de Maisonneuve 514 872-2200
5 nov. Lachine Pavillon de l’Entrepôt 514 634-3471 #302
7 nov. Sainte-Thérèse Théâtre Lionel-Groulx 450 434-4006
11 au 13 nov. Le Bic Théâtre du Bic 418 736-4141
18 au 20 nov. Sudbury ON Théâtre du Nouvel-Ontario 705 525-5606
24 nov. Jonquière Salle Pierrette-Gaudreault 418 542-5521
25 nov. Alma Auditorium d’Alma 418 669-5135
8 déc. Val-d’Or Théâtre Télébec 819 824-2666
9 déc. Rouyn-Noranda Théâtre du Cuivre 819 797-7133
10 déc. Amos Théâtre des Eskers 819 732-9233

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Une production du Théâtre de La Manufacture

Espace Go

4890, boul. Saint-Laurent
Billetterie : 514-845-4890

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Dates antérieures (entre autres)

Du 14 octobre au 22 novembre 2008 - Suppl. 25 au 29 nov. 2008 - La Licorne

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 Critique
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par Mélanie Thibault

Jeu de pouvoir

Tout pour le jeu, tout pour qu’elle l’aime, mais rien qui ne lui plaise en lui. Tout se viole sauf ce qui se loge dans le cœur.

Dans l’ambiance suffocante d’un bunker après une explosion, Louise (Sophie Cadieux) et Mark (Maxime Denommée) plongent dans un troublant duel.  

Joué en 2008 au théâtre La Licorne, Après la fin capte toujours l’attention du public pour sa tournée 2010. La pièce en a déjà la faveur et c’est tout mérité. Le jeu de confrontation des points de vue, la cruauté toute prête à bondir au détour, et celui de la folie naissante amène une matière substantielle qui nous tient en haleine tout au long de la pièce.

Le grand coup de maître du metteur en scène, c’est d’avoir su rendre une part humoristique dans les dialogues tout en maintenant une crainte du début à la fin de la pièce. Un dosage entre l’intime et le décalage de ton. Le rythme est ciselé. Un théâtre de la réalité qui ne s’arrête pas au simple drame personnel. Le texte est ponctué de références au valeurs de la modernité, dans tout ce qu’elle comporte comme préjugés.

La pièce est avant tout l’occasion d’apprécier la qualité de jeu des interprètes, intense, énergique, fragile et nuancé. Une valeur sûre et néanmoins osée.
07-10-2010

par Aurélie Olivier (2008)

Un attentat, un bar soufflé par l’explosion, des cris, des hurlements, des retombées radioactives, il faut se cacher vite. Heureusement que Mark est un homme prévoyant : il a un abri antiatomique dans son jardin, avec de quoi soutenir un siège. Louise est blessée, inconsciente, mais dans un élan d’héroïsme, il prend dans ses bras et l’emmène avec lui. Quand elle reprend connaissance, il lui explique tout, l’explosion, les blessés, les morts, comment il l’a sauvée… Les deux survivants savent qu’ils sont condamnés à se terrer pendant des semaines, jusqu’à ce que la radio les informe que le danger est écarté. Ils vont devoir apprendre à vivre ensemble, partager les vivres, parler, cohabiter. Mais petit à petit le doute s’installe dans l’esprit de Louise : cette explosion dont elle n’a aucun souvenir, s’est-elle vraiment produite; ces morts qu’elle n’a pas vus, existent-ils vraiment; et Mark, est-il vraiment bien intentionné?

Parfois, un événement chamboule toute une vie. Parfois, il se passe quelque chose qui nous marque au fer rouge. Ça peut arriver à tout le monde, n’importe quand, n’importe comment. Parfois, la trahison vient de quelqu’un à qui on croyait pouvoir faire confiance. Le choc est alors terrible. Après la fin, de l’auteur britannique Dennis Kelly (traduction de Fanny Britt), est un huis clos dont on ne sort pas indemne. La violence que recèle l’être humain nous y est jetée au visage, ancrée dans la réalité sociale occidentale. La psychologie des personnages est rendue avec une finesse extraordinaire : les rapports de force, sur un fil, toujours à la veille de s’inverser; la manipulation, omniprésente, usant tour à tour de la violence et de la tendresse; l’alternance du mépris et de la compassion. On comprend progressivement que toute tentative de contrôle de l’autre est vouée à l’échec, constat qui peut être étendu aux rapports entre les États.

Les prestations de Sophie Cadieux et de Maxime Gaudette sont remarquables de justesse. Il s’opère en eux, sous nos yeux, une véritable métamorphose à mesure que s’écoulent les jours dans l’abri. Louise, d’abord insolente, cabocharde, sombre progressivement dans la peur et fait apparaître tout ce qu’il y a de combatif en elle, avant de se perdre dans une absence qui la préserve de la folie. Mark est à la fois inquiétant et vulnérable, profondément malheureux, violent presque malgré lui. Les éclairages d’André Rioux méritent une mention spéciale, enrichissant considérablement l’utilisation qui est faite de l’espace par le metteur en scène Maxime Denommée et parvenant, par ses jeux d’ombre, à accentuer les traits de caractère des personnages et leur état d’esprit.

Après la vie est une pièce qui nous parle de notre époque et de ses déviances, sans fard, sans concession, dans un langage rythmé et coloré. Un beau choix de la part de La Licorne et du Théâtre de La Manufacture.

19-10-2008
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