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Je suis mixte
Du 1er au 10 octobre 2020, du mardi au vendredi 20h,
samedi 15h et 20h

Prise de conscience entre Berlin et Drummondville

Avec humour, musique live et projections vidéo, Mathieu Quesnel s’attaque à la recherche identitaire d’une manière tout à fait étonnante et sensible. Véritable coup de foudre artistique pour le comédien Yves Jacques, ce témoignage-spectacle inusité met en scène deux hommes tentant d’apprivoiser les multiples désirs qui les habitent malgré l’influence d’une société traditionaliste. Entre refoulement et liberté, ces bouleversements intérieurs sont susceptibles d’éclabousser le plus commun des mortels. À vos risques et plaisirs !

À l’aube de la quarantaine, François est un exemple de réussite personnelle et professionnelle aux yeux de la société. Pourtant, il subit un puissant déclic psychique lors d’un voyage d’affaires en Allemagne, alors qu’il se lie d’amitié avec des épicuriens qui changeront sa façon de voir la vie. Il basculera tranquillement du « côté obscur de la force » et n’en reviendra peut-être jamais. Inspiré par la remise en question de son neveu et accompagné de l’énigmatique The Ghost, soutien musical et philosophique, l’oncle s’immisce dans le récit et guide François dans sa quête de bien-être.


Texte et mise en scène Mathieu Quesnel
Avec Yves Jacques, Benoît Mauffette et Navet Confit


Crédits supplémentaires et autres informations

Éclairages Renaud Pettigrew
Musique Navet Confit
Décor et costumes Estelle Charron et Mathieu Quesnel

Durée 1h30

Sera aussi joué du 8 au 26 septembre 2020 à La Licorne, à Montréal

VOUS POUVEZ AUSSI LE VOIR EN TOURNÉE

Tarif : 36$
Étudiants 25$
Lors de l’achat de plus d’un billet, favorisez une commande par cellule familiale.

Une production Tôtoutard


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Critique disponible
            
Critique

La pièce humoristique et éclatée de Mathieu Quesnel, Je suis mixte, prend la forme d’une conférence plutôt brouillonne, marquée par des faux départs, des problèmes techniques, des interruptions intempestives et des digressions musicales faussement improvisées. François et son oncle font le récit d’une improbable redécouverte de soi après une épiphanie de François, dans un sauna mixte de Berlin.




Crédit photos : Suzane O'Neill

Père de famille, mari, héritier d’une entreprise familiale de nettoyage industriel, en moyens, Drummondvillois possédant tout ce qu’il faut pour être heureux, dont une thermopompe et un chien, François découvre pourtant lors d’un premier voyage d’affaires en Allemagne qu’il ne l’est justement pas. « C’est ma vie qui a pris les choses en main, moi, je n’ai pas eu le choix de suivre. » Lors d’une escapade impromptue à Berlin, en compagnie d’un gars rencontré dans un bar, il réalise qu’il s’est jusque-là enfermé par facilité dans son bonheur factice.

Maladroit, nerveux, un brin mal à l’aise, l’adulescent incarné par Benoît Mauffette est aussi sympathique qu’il est détestable.

Maladroit, nerveux, un brin mal à l’aise, l’adulescent incarné par Benoît Mauffette est aussi sympathique qu’il est détestable. À ses côtés, l’oncle interprété par Yves Jacques est délicieux d’excentricité. Hyper à l’aise, franc, totalement libéré, il profite du moment, non sans embarrasser son neveu à plus d’une occasion. Yves Jacques, qui interprète aussi l’ami allemand, vole la vedette, déclenchant les rires parfois sans même ouvrir la bouche. Il est hilarant. Pour accompagner les deux comédiens, le musicien Navet Confit se glisse dans la peau d’un mystérieux Slave, dont on ne saura pas grand-chose. Grande force du spectacle, la synergie du trio transmet au public un plaisir contagieux.

Sous ses allures de spectacle improvisé, Je suis mixte nous interpelle sur les notions de bonheur, d’identité, de désir et, oui, quelque part, de responsabilité. Alors que François laisse tout derrière lui du jour au lendemain, fuit sa femme enceinte et sa fille, sa piscine, son emploi, dilapide son argent en sauna, en alcool et en fêtes, croyant y trouver là une liberté longtemps fantasmée, il lui faut accomplir tout un travail sur lui-même pour parvenir finalement à la seule conclusion responsable : ce n’est pas tant de liberté qu’il a besoin pour atteindre une certaine forme de bonheur, mais d’équilibre.

Irrésistible pour son humour et son aspect décousu, la production s’égare par moments dans ses réflexes humoristiques et ses nombreux jeux avec le code de la représentation. Mais la finale rattrape aisément les quelques maladresses pour nous laisser avec deux personnages encore en transformation : le leurre de la liberté totale envolée, il reste le chaos généré par leur quête identitaire, les conséquences familiales et surtout humaines. Je suis mixte parvient à faire rire et réfléchir, et pour une rentrée culturelle après une pause de six longs mois, c’est en plein le style qu’il fallait!

12-09-2020
Théâtre Périscope
2, rue Crémazie Est
Billetterie : 418-529-2183

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Dates antérieures (entre autres)

Du 1er au 19 octobre 2018, supplémentaires samedis 6, 13 et 20 octobre à 16h + du 23 au 26 octobre 2018 - La Licorne
Du 8 au 26 septembre 2020 - La Licorne